REGLEMENT SAUVETAGE

Dans les affaires de sauvetage il est important de garder à l’esprit quelques notions simples.

Règle numéro 1 :

Si on pense sauver tous les chiens en perdition il faut avoir des ressources financières à la hauteur, des moyens humains à la hauteur, de la disponibilité. Si nous remplissons ces conditions alors lançons-nous, sinon nous ne seront jamais à la hauteur de nos ambitions tout simplement par manque de ressources malgré notre bonne volonté. Malheureusement il faut du fric pour soi-disant sauver des chiens, donc avant de se lancer il faut trouver des ressources en argent moyen et temps.

Règle numéro 2 :
Si nous ne pouvons sauver tous les chiens et que malgré tout nous voulons en sauver quelques-uns il faut accepter d’en sauver quelques uns de manière exemplaire plutôt que de tenter d’en sauver un maximum de manière aléatoire sur leur devenir. Il faut accepter de faire la part du feu, de toute manière elle se fera malgré notre bonne volonté.

Règle numéro 3 :
Prendre en charge des chiens sur des annonces internet c’est le plus souvent encourager les propriétaires à recommencer plus tard les abandons. Cela crée le raisonnement « je peux bien en reprendre un, il y a toujours un C** pour s’en charger si je l’abandonne ». Si on veut faire bouger les choses il vaudrait mieux que ce sale type reçoive plusieurs mails de reproches plutôt que de l’aider à fuir ses responsabilités. En général ce sale type fait ça pour éviter d’avoir des frais de garde ou d’euthanasie. Ne trouverions-nous pas scandaleux de trouver des annonces d’abandon d’enfant sur internet, alors n’encourageons pas celles pour l’abandon des chiens qui ont souvent été des enfants de substitution dont on s’est lassé.

Règle numéro 4 :
Celui qui abandonne est responsable du devenir de son chien. C’est à lui de trouver des solutions, pas à de bonnes âmes qui n’ont jamais vu l’animal et qui n’ont qu’un message internet et un coup de fil pour comprendre ce qui se passe. Il n’y a pas à culpabiliser à la place du propriétaire ou à se substituer à lui. Celui qui abandonne sans passer par un refuge se doit d’indemniser l’adoptant pendant une période de plusieurs mois. Celui qui abandonne doit s’engager à reprendre son chien si l’adoption ne fonctionne pas. Celui qui abandonne se doit d’indemniser celui qui le débarrasse de son colis encombrant, nous payons tous pour faire disparaître nos déchets, n’est-il pas normal de payer pour un être vivant. Avant d’enlever le chien présentez l’ardoise à l’abandonnant, vous verrez qu’il trouvera une solution et qu’il prendra ses responsabilités.

Règle numéro 5 :
Les refuges et les SPA sont là pour recevoir les animaux abandonnés, moyennant prise en charge financière on peut dans le cadre de ces associations préserver son animal en attendant une adoption. Ce n’est pas à des tiers de bonne volonté de se substituer aux maîtres et aux refuges. Si nous voulons le faire alors il faut monter son propre refuge et demander un agrément de fourrière. Ce que l'association kenzo compte bien faire...

Règle numéro 6 :
Les chiens abandonnés ont besoin de stabilité. Les personnes qui sont dans des situations matérielles ou affectives instables ne sont pas en état de s’occuper de ces problèmes, elles doivent d’abord se stabiliser elles-mêmes avant de s’occuper des abandons et d’intervenir dans des familles qu’elles ne connaissent pas pour donner des conseils.

Règle numéro 7 :
Se placer en interface entre un maître qui abandonne et une famille qui accueille sans qu’il y ait d’accord direct entre l’ancien et le nouveau propriétaire ou famille d’accueil engage la responsabilité juridique de l’entremetteur en cas d’accident grave chez le nouveau détenteur. Ce risque est d’autant plus important si on s’occupe de chiens catégorisés. Le passage par la case fourrière en cas d’abandon affranchit de ce risque.

Règle numéro 8 :
Prendre en charge un chien qu’on ne connaît pas pour le placer chez des gens qu’on ne connaît pas relève de l’inconscience en particulier avec les chiens catégorisés.

Règle numéro 9 :
Pour prendre en charge un chien il faut évaluer son comportement intrinsèque. Ca ne se fait pas en 5 minutes devant la voiture de celui qui vient le chercher. Le comportement intrinsèque ne se révèle que dans des conditions bien précises. Il faut se former pour acquérir un minimum de compétences dans ce domaine. Ne pas passer par cette étape est criminel pour le chien, c’est jouer à la roulette russe sur son devenir. Accepter les dires ou les écrits de l’abandonnant au sujet du comportement du chien sans vérifier ce qu’il en est relève de l’inconscience. Une seule certitude, la plupart du temps celui qui abandonne ment à celui qui adopte, sa préoccupation n’est pas le devenir de son chien mais de s’en débarrasser au plus vite sans avoir à se casser la tête ou culpabilise. Il vous invente ce qu’il faut pour que vous preniez le relai, à tous les coups il invoque des situations personnelles inextricables en dédouanant le chien, s’ils l’abandonnent c’est bien entendu à regret. Ce qu’ils oublient de vous dire c’est que ça ne fonctionne plus entre eux et leur animal. Et la réalité c’est souvent que soit le chien a un problème comportemental grave pour lequel il ne veulent pas engager de frais, soit mieux encore c’est eux qui ont un problème, pas le chien. Enlever le chien c’est le plus mauvais service à rendre à ces personnes, vous leur enlevez toute chance de changer. Vous prenez en charge le chien ? Vous blanchissez l’âme du maître qui va se convaincre qu’il a fait tout ce qu’il pouvait en passant une annonce sur internet, si le chien a un problème vous allez créer des problèmes dans une famille qui n’en a pas.

Règle numéro 10 :
Nous ne plaçons pas un chien sans une enquête préalable auprès du futur adoptant. Un placement ne se fait pas par mail ou téléphone. Avant de faire quoi que ce soit il convient de vérifier sur place si le domicile de l’adoptant permet de recevoir le chien, si les ressources financières de l’adoptant lui permettent de l’entretenir, s’il a la disponibilité pour s’en occuper et l’éduquer, si ses capacités physiques et mentales conviennent à la conduite de l’animal. Tout le monde n’est pas apte du jour au lendemain à s’occuper d’un chien sur un coup de cœur.

Règle numéro 11 :
Nous ne pouvons pas avoir une vue objective d’une situation de personnes ou de chiens uniquement par mail ou par téléphone. Si nous voulons nous mêler de ce genre d’affaire il faut se rendre chez l’abandonnant et chez l’adoptant potentiel. Il faut être capable d’évaluer les situations et être capable de dire « non ».

Règle numéro 12 :
Dans le domaine de l’adoption vouloir faire de la statistique du genre « Ah, j’en ai sauvé 10 ce mois-ci » relève de l’inconscience. Le domaine de l’adoption est celui de l’affectif et dans l’affectif on ne fait du chiffre qu’au détriment de la qualité.

 

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Dernière mise à jour de cette page le 01/08/2009